COCK SPARRER @ Sjock Festival # 50, Gierle-Lille, 11 juillet 2026

Les vieux chiens mordent encore. À 22h05, « Rockers England »: la mainstage du Sjock n’a plus grand-chose d’un terrain de jeu pour jeunes premiers. Elle appartient aux vieux briscards. Ceux qui étaient déjà là quand le punk anglais apprenait à marcher et qui, près de cinquante-cinq ans plus tard, viennent encore expliquer aux gamins comment on fait trembler une plaine. COCK SPARRER entre en scène. Et soudain, tout le monde prend dix kilos de moins et trente ans de plus.

Pas question ici de jouer au musée du punk britannique, avec les reliques sous cloche et les souvenirs soigneusement époussetés. Les Londoniens branchent les amplis et attaquent directement là où ça fait mal. Pas de fioritures, pas de cirque, pas de poudre aux yeux : des guitares, une rythmique qui cogne et des refrains conçus pour être gueulés jusqu’à plus soif. Le public, lui, n’attendait manifestement que ça. Dès les premiers accords, on sait que COCK SPARRER n’a pas pris une ride. Ou plutôt si : ils ont pris des rides, comme tout le monde. Mais contrairement à beaucoup, ils ont surtout pris du muscle.

Ca chante, ça se bouscule, ça se pousse au cul. Les moshpits se multiplient. À chaque refrain, le public semble décidé à prouver qu’il connaît les paroles mieux que Colin McFaull lui-même. Et lui, pas besoin de cabotiner. Pas besoin de gesticuler comme un chanteur de hard FM. Le bonhomme avance avec cette présence tranquille des types qui n’ont plus absolument rien à démontrer. Sa voix, reconnaissable entre mille, reste le fil barbelé qui traverse tout le bordel.

A ses côtés, la fine équipe déroule son affaire avec la précision d’une vieille machine de guerre. Une machine qui aurait certes accumulé quelques kilomètres au compteur, mais dont personne n’a encore trouvé le bouton « arrêt ». Le plus savoureux, c’est que le groupe ne se contente pas d’exhumer ses vieilles cartouches et des morceaux plus récents trouvent naturellement leur place dans la mitraille. COCK SPARRER prouve surtout qu’on peut avoir commencé sa carrière à l’époque où les téléphones avaient un fil et continuer à écrire des morceaux qui sentent encore la rue et les arrières-cours de bistrots londoniens. C’est probablement ça, le véritable super-pouvoir de ces types.

Le temps peut bien passer. Les modes peuvent défiler. Les générations de punks peuvent se succéder. Les cheveux peuvent tomber et les genoux commencer à protester. Certains groupes restent capables de déclencher instantanément ce vieux réflexe primaire : lever le poing et hurler avec son voisin, mettre le feu sans avoir besoin de réinventer la poudre. Ils s’en tamponnent probablement les amygdales d’être à la page, leur truc c’est l’efficacité. Trois accords, quelques riffs, des refrains que même un type complètement bourré peut hurler correctement. Visiblement, les gars de COCK SPARRER n’ont toujours pas compris qu’ils étaient censés prendre leur retraite: les Londoniens n’ont pas donné une leçon de nostalgie, ils ont donné une leçon de longévité. Nuance essentielle. Les vieux chiens ont plantés leurs crocs directement dans la mainstage.

The TOY DOLLS @ Sjock Festival #50, Gierle-Lille, 11 juillet 2026

Avec The TOY DOLLS, le punk est en mode cartoon : le trio déboule sur la mainstage avec leurs costumes tirés à quatre épingles et leur tronches de vieux garnement qui te font bien sentir qu’ils entendent te servir leur punk avec une poignée de confettis dans la gueule. Parce qu’avec Olga et ses complices, le punk n’a jamais vraiment eu besoin d’être menaçant. Il suffit qu’il soit rapide, débile, mélodique et suffisamment vicieux pour vous coller un refrain dans le crâne avant même que vous ayez eu le temps de protester.

Les guitares cavalent à fond de train, les rythmes mitraillent et les trois lascars sautillent sur scène avec l’énergie de gamins qui auraient remplacé le goûter par trois litres de bière. Pire que des kangourous. Pire. Les morceaux s’enchaînent à toute berzingue : du punk tout ce qu’il y a de plus britannique mais sous amphétamines, du ska passé dans une centrifugeuse et surtout cette incroyable capacité à transformer chaque chanson en gag musical.

Et puis arrive The Lambrusko Kid: une gigantesque bouteille de champagne gonflable fait son apparition. Elle est dégoupillée et le résultat ressemble moins à un concert qu’à une fête de fin d’année organisée par des hooligans imbibés: confettis partout, public hilare, The TOY DOLLS en roue libre, quoi.

Mais le véritable missile balistique reste évidemment Nellie the Elephant. Le morceau que tout le monde attend. Celui qui transforme instantanément la foule en chorale punk sous caféine. Et lorsque l’éléphant déboule, la prairie se réveille d’un coup. Il y a ceux qui reprocheront aux TOY DOLLS de ne plus avoir la fraîcheur de leurs débuts. Ceux qui chercheront le morceau capable de rivaliser avec leurs grands classiques et resteront sur leur faim. Et puis il y a ceux qui comprennent que The TOY DOLLS ne sont pas venus réinventer le punk. Ils sont venus le faire sourire.

Depuis près d’un demi-siècle, Olga et sa bande perfectionnent la même recette : des guitares qui filent à 200 à l’heure, des refrains idiots mais imparables, des costumes improbables, de l’autodérision et cette bonne vieille philosophie selon laquelle un concert peut parfaitement être une gigantesque connerie — pour autant qu’elle soit jouée à fond. Une opération de sabotage du sérieux. Et quand Nellie the Elephant finit de piétiner la mainstage, le constat est simple : certains groupes vieillissent. The TOY DOLLS, eux, ont simplement appris à devenir de meilleurs emmerdeurs.

L7 @ Sjock Festival, Gierle-Lille, 12 juillet 2026

Dimanche soir, c’est soirée gonzesses. Ou plutôt MILF. Joan JETT bouclera le festival sur la mainstage mais avant la révérende, un dernier coup dans la porte. Quarante ans après avoir commencé à foutre le feu aux conventions du rock californien, L7 refuse toujours de rentrer sagement au garage. En 2026, le groupe n’a plus besoin de prouver qu’il a participé à l’explosion du punk alternatif et du grunge. Il lui suffit de monter sur scène, d’enclencher les amplis et de laisser les guitares passer le public au papier de verre avec des frappes courtes et massives, sans graisse et presque sans respiration avant que quiconque ait le temps de reprendre son souffle.

Les filles ne cherchent pas à amadouer le public mais au contraire à lui administrer une décharge parfaitement réglée. Aucun cérémonial inutile. Le groupe attaque et piétine les politesses de A à Z avec, entre les deux, une set list en blocs de béton armé. Pas de longue dissertation, pas de solos interminables pour camionneurs mélancoliques. Les chansons entrent, cognent et disparaissent en laissant derrière des amplis éreintés. Vidés, les amplis, comme Axel Bauer après trente-cinq jours de galère et deux nuits pour se (les) vider. Si ce n’est qu’ici, on n’a pas deux nuits et on ne change pas de port.

Les filles débarquent au Sjock pour leur unique date européenne de l’année. Le contexte est idéalement malsain : 50ème anniversaire d’un festival bâti autour du garage, du punk et du rock’n’roll sans vernis dans la même fournaise dominicale. Le genre de réunion de famille où l’on ne sort pas le service en porcelaine mais les bouchons d’oreilles. La setlist est un massacre pour achever les survivants d’un déjà long weekend: 14 morceaux puisés dans plusieurs époques du groupe mais sans transformer le spectacle en visite guidée d’un musée des années 1990.

Sur scène, la mécanique reste rudimentaire dans le meilleur sens du terme. La batterie frappe comme pas deux, les guitares de ne cherchent pas la propreté clinique: elles grincent, bavent et lacèrent. Les refrains sont recrachés à la figure du public avec ce mélange de sarcasme, de colère et d’humour noir qui a toujours distingué L7 des formations venues ensuite vendre une version plastifiée de la rébellion.

Mais au Sjock, une absence change silencieusement la nature du concert. Jennifer Finch, bassiste historique, n’est pas là. Dès le 31 mai, le groupe avait annoncé qu’un problème de santé nécessitant un traitement prolongé l’empêcherait de participer aux concerts estivaux. Elle est remplacée à la basse par la japonaise Tsuzumi Okai (ou plutôt Tsunami Okai faudrait-il dire), ex-Limp Bizkit en 2018. Sur le moment, l’explication publique reste volontairement discrète. Le diagnostic précis n’est révélé que le lendemain du Sjock, le 13 juillet: Jennifer Finch souffre d’une forme agressive de cancer du cerveau, avec de lourdes complications après plusieurs opérations. Malgré sa maladie, elle demande à ses camarades de poursuivre la tournée d’adieu sans elle. Cinq jours plus tard, le 18 juillet 2026, elle meurt à l’âge de 59 ans. Nous sommes à mille lieux d’en douter en ce 12 juillet au Sjock…

Cette disparition jette rétrospectivement un voile noir sur la prestation de L7 en ce Sjock pourtant si festif et kermesse flamande. Ce qui pouvait apparaître comme un simple remplacement temporaire devient le passage brutal d’une époque à une autre. Finch avait rejoint L7 en 1986 et participé aux années les plus incendiaires du groupe, avant de partir en 1996 puis de revenir lors de la reformation. Bassiste, compositrice, photographe et archiviste instinctive de la scène punk de Los Angeles, elle n’était pas seulement celle qui épaississait le mur sonore. Elle en était l’une des poutres porteuses, avec sa basse portée très bas, son énergie bondissante et une présence qui donnait l’impression que chaque concert pouvait finir en collision. Nous en étions encore le témoin privilégié il y a tout juste 10 ans lors de l’édition 2016 du Cabaret Vert.

Il faut donc entendre les concerts de L7 en 2026 pour ce qu’ils sont réellement : non pas une tournée nostalgique de plus, mais une machine lancée à pleine vitesse alors même que le moteur commence à perdre des pièces. Sur scène, le groupe continue pourtant de jouer sans anesthésie. Les vieux morceaux ne sentent pas la naphtaline. Ils mordent encore. Les titres récents n’essaient pas de rajeunir artificiellement la formule. Ils prolongent la même sale humeur, le même refus de plier et la même envie d’expédier les bonnes manières dans la benne à ferraille.

Le groupe a frappé fort au Sjock devant un public qui savait assister à une rareté. Mais derrière les guitares concassées et les refrains crachés collectivement, une autre histoire se jouait déjà. Celle d’un groupe continuant à faire du bruit parce que le silence, cette fois, devenait insupportable. Le cuir est usé, les amplis ont pris des coups et personne ne fait semblant d’avoir encore vingt-cinq ans. Mais tant que L7 peut brancher une guitare, lever un majeur et envoyer Shitlist comme une bouteille incendiaire dans la nuit, le groupe demeure plus vivant et plus dangereux que la plupart des jeunes formations soigneusement calibrées pour les algorithmes. En 2026, L7 ne revient pas réclamer une médaille. Il vient une dernière fois défoncer la porte. Et, quelque part derrière chaque ligne de basse, l’ombre électrique de Jennifer Finch continue de courir pieds nus sur la scène.

The DWARVES + NINE POUND HAMMER @ Sjock Festival #50, Gierle – Lille, 12 juillet 2026

[NDLR : gros bug avec certaines photos qui ont morflé grave en perdant leur haute-définition dans l’aventure Sjock 🙁 On laisse toujours des plumes au Sjock. Autant que de neurones, d’ailleurs. C’est aussi pour ça qu’on y revient…]

En ce dimanche après-midi qui aurait pu être un dimanche à la campagne tout ce qu’il y a de paisible et bucolique, focus sur deux bands parmi bien d’autres qui partagent la Titty Twister Stage. Laquelle scène, nouveauté notable de cette 50ème édition, n’est plus dévolue au rockabilly. Celui-ci est relégué sur la 3ème et petite scène du festival, la Bang Bang Stage. Nouveauté notoire qui donne définitivement au marquee ses lettres de noblesse comme jamais chapiteau n’avait été à la fête, oufti valet.

Un dimanche à la campagne pas comme les autres. NINE POUND HAMMER et The DWARVES, deux bands parmi d’autre en ce jour du Seigneur. Mais même combat. Messe noire pour amplis éventrés qui avaient déjà une sale gueule avant même que le premier accord ne tombe. En-dehors du marquee, c’est canicule. Sous le chapiteau, l’air est encore plus étouffant, lourd et humide, presque solide. Ça sent encore la bière morte d’hier, le cuir mouillé de ce midi, et la sueur froide de ceux qui vont monter au front. Personne n’est ici pour faire dans la dentelle, on est là pour assister à du brutal.

From Kentucky, NINE POUND HAMMER ce sont des habitués du Sjock, avec un Blaine Cartwrigh qui a pour habitude de zoner dans le backstage tout le weekend durant à stroner des bières avec sa femme Ruyter Suys. Mais il a troqué cette année sa co-leadeuse de Nashville Pussy par le batteur du combo, Ben Thomas. Faudra qu’on nous explique un jour cette joint-venture NINE POUND HAMMER – NASHVILLE PUSSY quand il n’y a pas de raison objective de les voir ensemble. Quant à Cartwright, il ne joue pas de la guitare, il la racle – et ça donne à NINE POND HAMMER ce son de moteur grippé qui refuse de mourir.

Scott Luallen, indécrottable aux vocals, semble remonter d’un puits rempli de bourbon, de graviers et de souvenirs pourris. Chaque morceau transporte l’odeur d’un bar fermé à l’aube dans un Kentucky qui n’a rien d’une carte postale. C’est une terre brûlée traversée par des chiens errants et des types qui ne rentrent jamais chez eux mais qui jouent une musique qui trouve exactement l’endroit où ça fait mal. NINE POUND HAMMER creuse, riff après riff, jusqu’à trouer le silence d’un grondement sourd et animal (ça ne veut pas dire grand chose, ça…).

The DWARVES, c’est la même chose en pire. Ou en mieux, c’est selon. Ça cogne. Ça accélère. Ça se contracte. Ça explose. Puis ça laisse parfois suffisamment d’espace pour que tu comprennes que la prochaine déflagration va être encore pire. Le premier morceau explose avant même que le public ne réalise ce qui lui arrive. Un mur du son, une décharge électrique en intraveineuse dans la moelle épinière, des coups tirés dans une pièce sans fenêtres.

Les riffs sont taillés avec précision tandis que la batterie pilonne grave. Au centre, les vocals balancent la sauce avec une tranquillité inquiétante toute en contraste avec le band qui joue vite. The DWARVES, une masse sonore compacte et furieuse, avalée par le même rouleau compresseur. Faut dire aussi qu’outre un lead guitar à la Nugent – on parle d’un jeu de scène et de gimmicks d’un fou furieux – on a quand même Nick Oliveri à la quatre cordes, excusez du peu (Queens of The Stone Age et Kyuss, ça te parle, Gros ?).

Le cow-punk goudronné de NINE POUND HAMMER et la démence de The DWARVES se partagent ainsi la Titty Twister Stage comme on partage un dernier verre avant la fin du monde. Jusqu’au dernier accord. Puis, une fois que l’orage est passé, les oreilles sifflent comme des câbles électriques arrachés. Au-dehors, sur la plaine du Sjock, la vie continue comme si rien ne s’était passé.

Mais nous on sait que quelque chose s’est passé dans le marquee. Quelque chose de sale. Quelque chose de vivant. Quelque chose qui gratte encore derrière les côtes: ce n’est pas le souvenir de deux sets d’anthologie, c’est une cicatrice sonore qu’aucun baume ne viendra soulager. Et c’est ça qui est bon. Si vous en ressortez parfaitement intact, c’est probablement que vous étiez trop loin des caissons.

ows – Upcoming Shows – Upcoming Shows – Upc

Un ch’tit coup d’oeil dans notre rétroviseur ? C’est par ici :

Et comme toujours en français in ze texte: last & latest footages, shootings & reviews in our specific GALERY « From backstage to frontstage ». NO Photoshop. NO Ligthroom. NO RAW format. NO numeric nor digital overdub. NO artificial intelligence (ONLY human one !) and pure one-shot JPEG !

OSEES @ Sjock Festival #50 – Gierle-Lille, 11 juillet 2026

Dear luggage inspector, if you open this PLEASE close it properly, the guitar is my mife. Thanx you 🙂 C’est tout simplement le mot inscrit par John Dwyer à l’intérieur de sa guitar case. Ca plante le décor. Tout est déjà dit avant que la tornade n’arrive. OSEES, notre découverte coup-de-coeur de ce Sjock #50. Il paraît qu’un concert est censé être un spectacle. Une scène, des lumières, quelques types qui jouent de la musique et un public qui applaudit poliment en fin de morceau. Mais OSEES n’en a manifestement rien à foutre: son set ressemble plutôt à une tentative organisée de faire imploser le rock’n’roll depuis l’intérieur dans une crise de psychédélisme totalement maîtrisée sous les fausses apparences d’un joyeux bordel. Car non, tout est millimétré, tout est pesé, pensé, organisé, réparti, orchestré…

Et ça commence sans préliminaires. Pas de montée en température, pas de poignée de main avec le public: OSEES met directement le moteur dans le rouge. Deux batteries en frontstage cognent comme si elles avaient été condamnées aux travaux forcés, la basse graisse les fondations et Dwyer balance ses riffs avec la délicatesse d’un type qui aurait décidé de régler ses comptes avec l’humanité entière. Le résultat est obscène.

Le garage-rock devient punk, le punk vire au krautrock, le krautrock se fait défoncer par le psychédélisme et tout ce petit monde finit dans une centrifugeuse métallique. Les morceaux sont catapultés dans la gueule du public. Dwyer est inquiétant, guitare vissée contre le bide, silhouette de prédicateur tatoué sous acide. Les deux batteurs déroule une avalanche rythmique sur la plaine où ça saute, ça pousse, ça pogote, ça se fracasse joyeusement les côtes pendant qu’OSEES, lui, continue son carnage avec une précision clinique passée au broyeur industriel.

Le génie d’OSEES est là : faire passer le chaos pour quelque chose de parfaitement maîtrisé. Ou l’inverse : derrière cette apparente sauvagerie servie par une rythmique meurtrière, chaque coup de caisse, chaque rupture, chaque riff est réglé au millimètre. C’est bordélique comme une émeute ou une crise d’épilepsie collective mais précis comme une horloge suisse. OSEES ne se jauge à sa juste et démesurée valeur que live on stage, parce qu’il y de ces phénomènes qui ne se conçoivent que lorsqu’ils surviennent, pas quand on les décrit…

Pour la petite histoire : OCS, The OhSees, Thee Oh Sees, Oh Sees ou encore Osees ? On a oublié de leur demander comment les présenter aujourd’hui parmi la pléthore d’étiquettes derrière lesquelles il y a tout autant d’albums, tantôt sous un nom, tantôt sous un autre. 30 albums quand même en 23 ans de carrière: on n’en fait plus beaucoup des charognes comme ça, hein dis…

COSMIC PSYCHOS @ Sjock Festival # 50 – Gierle-Lille – 11 juillet 2026

Ils nous l’on salopé, ce concert. Ah ça, ils nous l’ont bien salopé ce concert ! Un set ? Plutôt une bouillie sonore. Une débauche inaudible de décibels et une soupe à la puissance à qui mieux mieux. Un son sale comme c’est Dieu pas possible – ils nous auraient vomi leur prestation dans une décharge publique de punk rock qu’on aurait pas vu la différence. Mais COSMIC PSYCHOS n’aurait pas pu davantage nous plaire, car COSMIC PSYCHOS est intouchable, souverain et plénipotentiaire sur scène. Point à la ligne. On ne touche pas à COSMIC PSYCHOS.

Hilares. Ils sont hilares, nos Australiens, savourant la bonne blague qu’ils nous balancent dans la tronche. COSMIC PSYCHOS est d’ailleurs une vaste blague: ils ne se prennent pas au sérieux, comment pourrait-on les prendre au sérieux ? COSMIC PSYCHOS est une farce, une grasse et grosse farce mais pas plus finalement que leur I Really Like Beer UK/EU Tour 2026. Car plus houblonnés que COSMIC PSYCHOS on ne fait pas. On ne peut pas faire…

Le rock’n’roll a-t-il vraiment besoin d’un permis ? Il y a des concerts qui élèvent l’âme. Ceux de COSMIC PSYCHOS préfèrent manifestement lui rouler dessus avec un tracteur. Le trio ravage le Sjock comme trois routiers ayant raté la sortie vers le bistrot et décidé de transformer leur erreur en carrière. Pas de mise en scène, pas de philosophe sous kétamine derrière les consoles : juste une guitare, une basse, une batterie et suffisamment de décibels pour faire fuir le commun des mortels. I Really Like Beer Tour 2026 : le message est limpide, la subtilité est officiellement portée disparue.

COSMIC PSYCHOS prouve qu’on peut écrire du punk pendant qu’on semble intellectuellement occupé à chercher son ouvre-bouteille. Et ça marche même tellement bien qu’on finit par soupçonner le trio d’avoir découvert la formule secrète du rock : trois accords, une bière et surtout aucune envie de faire évoluer le concept. Ils arrivent comme le Messie, sauf que le Messie porte un marcel et sent probablement la sueur, la bière tiède et l’huile moteur.

Leur son est gras, brutal, parfois aussi élégant qu’un coup de boule dans une porte de garage. On pourrait leur reprocher une absence totale de finesse, mais ce serait comme reprocher à un bulldozer de ne pas être un violon. Le trio ne cherche ni la révolution musicale ni la rédemption artistique : il veut faire du bruit, faire rire et faire boire. Ils ne donnent pas un concert : ils organisent une panne générale du cerveau. C’est vulgaire, répétitif, bruyant, gras, parfaitement assumé et délicieusement débile. Bref, du rock’n’roll comme on l’aime quand on a cessé de croire qu’il devait sauver le monde. Il lui suffit parfois de nous empêcher de penser pendant une heure et demie. Mission accomplie, bande de psychopathes.

The BRONX @ Sjock Festival # 50 – Gierle-Lille, 12 juillet 2026

A tout jamais, à tout jamais The BRONX restera pour nous associé à MC5 et plus particulièrement à son légendaire Wayne KRAMER. Ils se sont croisés ici-même sur la scène du Sjock (c’était en 2018), et le déjà unique et incomparable Joey Castillo m’avait demandé d’immortaliser l’instant en lui tirant le portrait backstage aux côtés de la légende vivante. De feu la légende vivante. Notre objectif en a encore le palpitant comme nous, rien que d’y penser. Plus tard dans la soirée, juste avant de partir à l’attaque des planches, KRAMER laisse tomber son mediator. Je le ramasse et le lui tends – avec son sourire carnassier et l’oeil pétillant, il me dit de le garder… Legend.

Huit ans plus tard, le punk est toujours au rendez-vous. Le Sjock aussi. The BRONX itou. Il vient même de se faire rouler dessus par une camion-benne. Il y a des concerts auxquels on assiste. Et puis il y a les concerts de The BRONX, où l’on accepte simplement de mettre sa carcasse à disposition d’un accident industriel. Pas de dentelle, pas de violons, pas de petite intro atmosphérique destinée à faire monter la tension : The BRONX débarque et balance immédiatement tout à la gueule du public. Le message est limpide : ce soir, personne ne sera propre, personne ne sera raisonnable et les genoux sont officiellement devenus une monnaie d’échange.

Matt Caughthran, lui, n’est pas vraiment un chanteur. C’est plutôt un possédé échappé d’un abattoir, avec un micro dans une main et suffisamment de rage dans les poumons pour alimenter une centrale nucléaire. Il arpente la scène comme si quelqu’un lui avait volé sa bagnole, sa bière et les dernières miettes de dignité qui lui restaient. A ses côtés, The BRONX transforme chaque morceau en baston de parking, en déclaration de guerre. Dans le public, ça saute, ça cogne, ça hurle, ça se relève avec un sourire de demeuré avant de replonger dans la marmite.

The BRONX n’a jamais été un groupe particulièrement intéressé par la subtilité mais plutôt par un mélange de hardcore, punk, rock’n’roll et cette délicieuse sensation d’avoir garé son cerveau derrière le bar avant d’entrer. Les guitares scient l’air comme des tronçonneuses, la batterie cogne avec la délicatesse d’un videur sous amphétamines et Caughthran continue de gueuler comme si sa survie en dépendait. Le pit ressemble à une machine à laver remplie de types qui auraient oublié de retirer leurs chaussures de sécurité dans une soirée qui n’a déjà plus grand-chose à voir avec la civilisation occidentale. Avec la civilisation tout court.

The BRONX ne cherche pas à réinventer le punk. Ils font mieux : ils le prennent par le col, le traînent dans la boue, lui collent une droite et lui demandent s’il en veut encore. Évidemment qu’il en veut encore. Parce qu’après un concert pareil, on ressort avec les oreilles en vrac, le t-shirt transformé en serpillière, quelques bleus dont on ignore l’origine et cette étrange impression d’avoir survécu à quelque chose. The BRONX, c’est ça: du rock’n’roll sans airbag, sans contrôle technique et sans garantie constructeur. Et putain, qu’est-ce que c’est bon. The BRONX, c’est ça. Ce n’est que ça. Merci le Sjock.

Now online : Nick CAVE @ Bonn – 25 aout 2026

I am alone now, I am beyond recriminations
Curtains are shut, the furniture is gone
I’m transforming, I’m vibrating, I’m glowing
I’m flying, look at me now
I’m flying, look at me now

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

Now online : 20ème Festival CABARET VERT – Charleville Mézières, 20 et 21 août 2026

Now online, les 20 ans du CABARET VERT qui fait chanter, danser et pogoter l’Ardenne, qu’elle soit au pluriel du côté français ou qu’elle soit au singulier en Belgique: putain, putain, c’est vachement bien, nous sommes quand même tous des Ardennais… Et ce ne sont pas The DEFTONES ni BODY COUNT feat. Ice-T ou The SPARKS ou encore TURNSTILE et ULTRA VOMIT qui vont nous contredire. Et que dire alors du mutant en costume, the one and only one Nick CAVE?

Une édition 2026 du Cabaret Vert qui nous a réservé son lot de surprises, parfois bonnes, parfois excellentes, parfois moins bonnes. Et qui a fait la part belle à des combos qui décidément ne parviennent pas à passer la rampe de notre humble opinion. RISE OF THE NORTH STAR et LAST TRAIN en font partie haut la main, tout à l’inverse de SPEED et de THEA qui nous ont dépoté les synapses.

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

Avec 106 000 festivaliers réunis en quatre jours, le Cabaret Vert a célèbré sa 20e édition avec un nouveau succès populaire. De Deftones à Nick Cave, cette édition anniversaire aura surtout confirmé une chose : vingt éditions après sa naissance, le festival continue de cultiver la découverte, le mélange des genres et le renouvellement. Au point d’ailleurs qu’on ne s’est contenté que des jeudi et vendredi, les samedi et dimanche virant vraiment foire au boudin (mais zil en faut pour tous les goûts, mon bon monsieur).

Soon online : SJOCK FESTIVAL #50 – Gierle-Lille, 10-12 juillet 2026

Bientôt en ligne, notre festival préféré qui souffle ses 50 bougies en 2026 – Your R’n’R Highlight Of The Year more then ever ! Nous avons beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de retard dans cette mise en ligne, mais… MAIS l’attente vaudra son pesant d’or ! Quelle aventure, quelles aventures mes amis, depuis la bouillie sonore de COSMIC PSYCHOS qu’il faudrait inventer s’ils n’existaient pas jusqu’à la maturité toute british de COCK SPARRER en passant par l’élégance et la classe d’un Jon SPENCER et la fougue de The DWARVES…

Joan JETT se la joue big star en oubliant qu’elle n’est pas sur la main stage d’un méga-festival mais ici en famille, tandis que les filles de L7 ne devinent pas encore que leur bassiste historique va rendre l’âme dans quelques jours, ce à quoi ne sont pas prêts nos Kentucky Men préférés: NINE POUND HAMMER.

Une de nos claques et révélations de cette 50ème édition est inclassable et s’appelle OSEES. The DATSUNS font le boulot tandis que le SJOCK RENDEZ-VOUS BAND a tout bonnement l’étoffe et la carrure d’un all-star-band qui ne réunit que du bon, depuis SHA-LA-LEES jusque PETER PAN SPEEDROCK…

Avec THE BRONX, c’est encore de l’amerloche qui fout le feu aux planches du Sjock #50 quand ce n’est pas SONS qui nous rappelle quand même que la Flandre joue ici à domicile et qu’il ne faudrait pas la lui faire à l’envers.

Punk’s not dead ? Punk’s not dead ! Manifestement pas au SJOCK #50 qui demeure l’un de leurs terrains de jeu préférés. Ce ne sont pas The KIDS – qui jouent également à domicile – qui vont nous contredire, pas plus d’ailleurs que The TOY DOLLS plus déjantés que jamais…

Le SJOCK #50 a vécu, et bien vécu. C’est ce que nous allons prochainement vous narrer en texte et en images, entre front & back stage, entre bières et poussière, entre canicule et mosh-pits. Sans conteste notre annuel highlight of the year !

Soon online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…