Soon online : The HU – Rockhal, Esch-sur-Alzette, 31 octobre 2026

The HU à la Rockhal : retour de Mongolie, mais direction le mur du son… The HU ne fait pas du métal traditionnel mais ethnique. Il invente son propre territoire, quelque part entre les steppes, les légendes et les amplis poussés dans le rouge. Et lorsque les derniers coups de boutoir retombent à la Rockhal, une chose est claire : les frontières musicales sont faites pour être piétinées.

Soon online et déjà dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

Soon online : Steven WILSON @ Royal Albert Hall – London, 29 octobre 2026

Les deux soirées du 28 et du 29 octobre 2026 – sold out depuis des mois – sont les seules prestations scéniques de Steven WILSON cette année, accompagné du Parallax Orchestra et du Sansara Choir dans son antré préférée. Et on le comprend: le Royal Albert Hall, déjà toute une expérience en soi. Et même à elle seule. Intérieur majestueux, tapis rouges et architecture circulaire monumentale, scène de crime avec WILSON en suspect numéro un, orchestre symphonique et chœur, ambiance théâtrale, lumière dramatique, dorures et esthétique photographique : what else ?! God bless the King of Prog ! Mais néanmoins – selon nous – quelques bémols infimes et mineurs dans une partition parfaite par ailleurs. Pour autant bien sûr que la perfection puisse être de ce bas-monde…

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Now online : URIAH HEEP @ Rockhal, Esch-sur-Alzette, 26 octobre 2026

C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes. Celle de ce soir affiche 56 ans au compteur, avec un Mick BOX aux fourneaux depuis la première note et plus fringuant que jamais. URIAH HEEP, c’est comme l’élixir de jeunesse: personne n’en connait la recette mais certains en font pourtant sortir ses effets. Allez comprendre. 56 ans d’histoire et un répertoire qui n’a pas fini de faire trembler les murs. URIAH fucking HEEP, bordel ! Le rock n’est pas éternel, mais certains vieux sorciers ont visiblement quelques tours d’avance sur la mort.

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

URIAH HEEP – Rockhal, Esch-sur-Alzette, 26 octobre 2026

URIAH fucking HEEP (sic) : le premier album affiche 56 ans au compteur et toujours le feu au cul. Il y a des groupes qui prennent leur retraite. Et puis il y a URIAH fucking HEEP (re-sic). Cinquante-six ans au compteur donc, une tournée (d’adieu ?) baptisée The Magician’s Farewell et une furieuse envie d’en découdre : les papys du hard-rock britannique n’ont visiblement pas reçu le fax ou leur télex (voire leur télégramme) leur annonçant qu’il était temps de ranger les guitares et de s’occuper de leur cholestérol, de leur prostate et du reste de leurs mâles attributs.

En ce lundi 26 octobre 2026, le public de la Rockhal affiche une moyenne d’âge et des tonsures qui feraient passer un concert de la chorale locale pour une rave party. Mais qu’on ne s’y trompe pas : si les tempes grisonnent et que quelques articulations protestent, la passion, elle, n’a pas pris une ride. Cinquante-six années d’existence, des générations de fans et, toujours aux commandes, Mick Box, guitariste historique et dernier survivant de la formation originelle depuis même 57 ans (1969). Le bonhomme a vu défiler les modes, les musiciens et les décennies sans jamais lâcher son manche. Total respect, Man !

Petite anecdote comme on les aime (et comme on en raconte finalement si peu) avant la déflagration. Au café Urban qui jouxte la Rockhal au n°5 de l’Avenue du Rock’n’Roll – ça ne s’invente pas – Mick Box et son épouse ainsi que Bernie Shaw et Russel Gilbrook sont assis à ma table pour casser la croûte. Chips & fish pour l’un. On ne se refait pas. Burger frites pour les deux autres (idem). Le batteur s’enfile un litron de rouge. Les deux autres demeurent sobrement raisonnables. Une proximité aussi sympathique qu’inattendue avec ces monuments du rock. Quelques heures plus tard, les mêmes allaient rappeler à la Rockhal que le grand âge n’interdit nullement les décibels.

À 21 heures, les Anglais attaquent avec Grazed by Heaven, suivis de Save Me Tonight. Pas de mise en jambes pour arthrosiques, pas de rock sous perfusion : ça démarre pied au plancher. L’Hammond de Phil Lanzon dégueule ses nappes psychédéliques, la guitare de Mick Box découpe l’air et Bernie Shaw, sourire en coin, mène la baraque avec une énergie qui ferait honte à quelques jeunes premiers du circuit. Le voyage remonte ensuite le temps avec Shadows of Grief, Stealin’ et The Wizard. URIAH HEEP ne se contente pas d’aligner ses classiques comme des médailles sur un veston de gala : il les fait vivre, respirer et rugir. Et lorsque débarquent Sweet Lorraine puis l’épique The Magician’s Birthday, les minutes s’étirent, les claviers s’envolent et la guitare de Box rappelle pourquoi le hard rock des seventies n’avait besoin ni de machines ni de poudre aux yeux pour faire des dégâts.

Bernie Shaw évoque alors cette époque bénie où les groupes pouvaient envoyer des morceaux de dix à douze minutes sans déclencher une crise de panique chez les programmateurs radio, prenant comme exemple les Rush, King Crimson et autres Yes parmi ces formations capables de laisser le rock prendre ses aises. Une époque où le chronomètre était moins important que le voyage. URIAH HEEP, lui, n’a jamais eu peur des kilomètres.

Et quel voyage ! Gypsy balance son riff tellurique, July Morning déploie sa majesté progressive et Lady in Black transforme la salle en gigantesque chorale. Ici, pas besoin de prompteur pour savoir quand chanter : les paroles sont gravées dans la mémoire collective depuis des lustres. Le rappel achève de mettre les pendules à l’heure : Sunrise, puis Easy Livin’. Deux dernières décharges pour une salle qui n’a manifestement aucune envie de voir le magicien remballer son matos. Alors oui, The Magician’s Farewell sent le dernier tour de piste. Mais quel tour ! Et si la moyenne d’âge de la Rockhal rappelle que le temps passe, la prestation d’URIAH HEEP démontre surtout qu’il ne suffit pas d’être jeune pour avoir du feu dans les veines.

ows – Upcoming Shows – Upcoming Shows – Upc

Un ch’tit coup d’oeil dans notre rétroviseur ? C’est par ici :

Et comme toujours en français in ze texte: last & latest footages, shootings & reviews in our specific GALERY « From backstage to frontstage ». NO Photoshop. NO Ligthroom. NO RAW format. NO numeric nor digital overdub. NO artificial intelligence (ONLY human one !) and pure one-shot JPEG !

Now online : AUDREY HORNE @ DVG Club, Kortrijk – 15 octobre 2026

The most underrated band on earth. Et on pèse nos mots. AUDREY HORNE mérite un million de fois plus d’attention que ce que l’industrie musicale, les médias et le grand public consentent à lui accorder. Un million. Pas une virgule de moins. À ce stade, ce n’est plus de la sous-estimation, c’est une faute collective, un péché capital par omission, une hérésie culturelle majeure. Une erreur de l’Histoire. Un faux-pas civilisationnel.

Déjà online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

Now online : SOLSTAFIR @ DesertFest Belgium – Liège – 16 octobre 2026

SOLSTAFIR aurait pu être comme à son habitude: excellentissime et hors-norme, fidèle à lui-même dans la continuité d’une perfection absolue. Comme lors de notre dernier face-à-face à Berlin en décembre 2024 déjà. Mais les Islandais n’ont été ce soir que magistraux et excellents, délivrant un set puissant, parfait et sans faute en clôture de cette première journée du Desertfest Belgium. Sans plus. Ce qui pour beaucoup pourrait déjà être un plafond de verre. Pas pour SOLSTAFIR.

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…

SOLSTAFIR @ DesertFest Belgium, OM de Liège – 16 octobre 2026

L’Islande. Lyrique quand elle déploie ses grands espaces. Féroce quand les guitares décident de labourer le terrain. Suffisamment déjantée pour rendre justice à un groupe qui transforme la mélancolie en déflagration: SÓLSTAFIR. Des racines black-métal, des envolées post-rock, une intensité émotionnelle croissante et une p*tain de langueur magnifique qui te tord les boyaux. Magnifique. Mirifique. Magnétique. Au DesertFest Belgium qui se tient pour la première fois en région liégeoise – de quoi dorénavant situer Seraing sur la carte entre Berlin, Paris, London et New-York – il y a des groupes qui jouent du métal, du stooner, du doom et du desert. Des bands qui font du bruit. Et puis il y a SÓLSTAFIR.

Nos quatre Islandais préférés semblent avoir été élevés par des volcans en éruption, nourris aux tempêtes arctiques et abandonnés à la naissance dans un fjord en pleine crise existentielle. Chez eux, la dépression a des panoramas grandioses, la mélancolie se promène en bottes de cuir et les guitares ont manifestement quelque chose de personnel à régler avec l’humanité. Oublions les cartes postales islandaises, les petits oiseaux qui chantent et les brochures touristiques vantant les mérites du grand air. SÓLSTAFIR, c’est l’Islande après l’apocalypse, quand les survivants ont rangé les armes, vidé la dernière bouteille et décidé de transformer leur désespoir en musique.

Leur cocktail hautement inflammable voit le post-métal flirter avec le black-métal et le rock psychédélique s’envoyer en l’air avec le post-rock. Pour enfanter quoi en définitive ? Des mélodies hypnotiques qui s’étirent jusqu’à donner le vertige. Une musique qui prend son temps, construit ses cathédrales sonores brique après brique, avant de faire sauter les vitraux à grands coups de riffs. Derrière leurs longues processions mélancoliques, au-delà des leurs nappes atmosphériques, se cache une bête autrement plus sauvage. SÓLSTAFIR sait faire monter la pression, laisser les émotions mijoter dans leur jus et transformer une lente et longue progression apparemment paisible en une véritable déferlante électrique.

Notre premier SÓLSTAFIR remonte déjà à l’édition 2014 du Sweden Rock Festival. Depuis, nous n’avons jamais réussi à nous départir de cette musique qui nous prend par les épaules, nous regarde droit dans les yeux et nous demande si on est vraiment certain que tout va bien dans notre petite existence. Au centre de cette étrange cérémonie, Aðalbjörn Tryggvason incarne à merveille cette spiritualité musicale et métaphysique: son chant porte cette rugosité, cette fragilité et cette intensité qui particularise tant la musique de SÓLSTAFIR. La douleur ne se maquille pas en héroïsme. Elle transpire, grince, se cabre et finit par prendre toute la place dans ton cerveau.

Ce qui rend SÓLSTAFIR si passionnant, c’est précisément cette capacité à brouiller les pistes. Les racines extrêmes n’ont pas disparu, même si le groupe a largement dépassé les frontières du black métal de ses débuts. Les morceaux peuvent s’ouvrir comme de vastes paysages, puis se refermer sur vous comme un ciel islandais qui aurait décidé de vous faire payer personnellement votre présence sur son territoire. Au milieu de la débauche de décibels du Desertfest, SÓLSTAFIR possède une autre forme de puissance : celle qui ne cherche pas nécessairement à assommer immédiatement, mais à s’infiltrer, à installer son climat, à te faire perdre progressivement tes repères. On ne ressort pas forcément indemne de ce genre de voyage. On en ressort avec les oreilles qui sifflent, l’âme un peu cabossée et l’impression d’avoir traversé un paysage où même les montagnes auraient besoin d’un psy.

SÓLSTAFIR n’a jamais eu besoin de choisir entre la beauté et la brutalité. Le groupe préfère les marier dans une union aussi improbable que durable, quelque part entre une aurore boréale et un cataclysme naturel. Et c’est précisément là que réside sa force : dans cette faculté à faire cohabiter la grâce et le chaos sans jamais donner l’impression de devoir choisir son camp. Une échappée qui ne promet ni soleil permanent ni retour garanti à l’état normal. SÓLSTAFIR, c’est beau, c’est lourd, c’est tordu, c’est déchirant. C’est la bande-son idéale pour regarder le monde s’écrouler en se disant qu’au moins, la catastrophe, elle, possède une sacrée bande-son. Et si l’Islande devait un jour être déclarée zone sinistrée pour cause d’excès de mélancolie électrique, on sait déjà qui appeler pour assurer la cérémonie d’adieu.

KRALICE, MEATDRIPPER, FANGUS @ DesertFest Belgium, OM de Seraing – 16 octobre 2026

Le Desertfest Belgium a quitté Anvers et ses marins pour poser valises chez les métalos à l’OM de Seraing, dans les entrailles d’une ancienne terre industrielle où la sidérurgie a laissé suffisamment de traces pour qu’on s’y sente immédiatement chez soi dès qu’il s’agit de faire cracher les amplis. C’est aussi l’esprit du Desertfest : une grande famille de dégénérés du décibel, des groupes venus d’horizons différents et cette sensation délicieuse que la civilisation moderne n’est finalement qu’une erreur de mastering. Derrière l’enthousiasme de cette première édition sérésienne, il y a KRALLICE.

Les New-Yorkais débarquent avec un black metal expérimental et des guitares en ébullition, des constructions progressives, claviers, ruptures de rythme et déluge de notes. Sous une lumière rouge-sang baignant la grande salle, KRALLICE est une drôle de bestiole dans une programmation Desertfest traditionnellement attachée aux lourdes traditions du stoner, du doom et du psychédélisme. Mais c’est précisément ce décalage qui rend sa présence intéressante, même si cette débauche de virtuosité ne nous convainc pas vraiment et que son avalanche de complexité nous laisse sur le bord de la route.

On remet fissa les mains dans le cambouis avec FANGUS. Les Canadiens investissent la Vulture Stage, petite salle à la configuration aussi particulière qu’efficace, où l’on débouche presque au-dessus et derrière les musiciens. FANGUS ne demande pas qu’on lui déroule le tapis rouge. Il préfère dérouler les câbles, pousser les amplis et envoyer la sauce dans la tradition du proto-métal et du heavy rock des années 1960 et 1970. Orgue, riffs lourds et atmosphère occulte et théâtrale trouvent leur inspiration majeure chez Black Sabbath, Deep Purple ou leurs compatriotes d’Atomic Rooster. La petite scène – non: la minuscule scène – possède le potentiel redoutable de la proximité ; elle devient une arme. Pas de distance de sécurité, pas de scénographie pour faire diversion, juste un groupe, du volume et une assistance suffisamment proche que pour faire communion.

MEATDRIPPER complète ce tableau de réjouissances avant que nous allions titiller nos synapses avec Solstafir. Les quatre filles de Birmingham ne renient rien de leurs origines tant géographiques que sabbathiennes entre expérimentation extrême, lourdeur poisseuse et déflagrations plus directes, toujours sur cette Vulture Stage dont la proximité avec les bands constitue l’une des bonnes surprises du déménagement d’Anvers à Liège. Et lorsque KRALLICE vient vriller les neurones, que FANGUS transforme sa petite scène en chaudière psychédélique et que MEATDRIPPER complète cette affiche sans concession, on ne peut que terminer en beauté avec SOLSTAFIR, tête d’affiche de ce vendredi. À Seraing, si l’acier a peut-être cessé de couler, le bruit, lui, vient manifestement de reprendre du service.

AUDREY HORNE – De Verlichte Geest Club, Kortrijk – 15 octobre 2026

The most underrated band on earth. Et on pèse nos mots. AUDREY HORNE mérite un million de fois plus d’attention que ce que l’industrie musicale, les médias et le grand public consentent à lui accorder. Un million. Pas une virgule de moins. À ce stade, ce n’est plus de la sous-estimation, c’est une erreur de l’Histoire. Sans les prestations – hors catégorie – de Nick CAVE à Charleville-Mézières puis à Bohn cet été, nous aurions volontiers décerné à AUDREY HORNE, la bande de Bergen, le titre de concert de l’année 2026. Mais peut-être est-ce sans compter SÓLSTAFIR qui débarque demain en première tête d’affiche du Desertfest Belgium, avec la ferme intention de venir foutre le bordel dans notre classement et de peut-être redistribuer les cartes. Le suspense reste entier.

Le constat, lui, ne souffre aucune contestation : AUDREY HORNE joue dans une catégorie qui devrait lui valoir des stades, des salles combles et des cohortes de groupies en chaleur. À la place, on se retrouve au Verlichte Geest Club de Courtrai, une salle dont la capacité annoncée tourne autour de 200 personnes, avec seulement une centaine de privilégiés au compteur. Une centaine. Mais où sont passés les real r’n’rollers ?? Et encore, une bonne partie de l’assistance a traversé des frontières pour venir prendre sa dose. Des étrangers, des connaisseurs, des irréductibles de France, d’Allemagne et d’Angleterre. Même des Canadiens de Toronto ont fait le déplacement pour cette date belge et celle du lendemain à Paris. Ensemble, on a évidemment parlé de RUSH. Question de culture générale. Question de survie, aussi : quand on se retrouve entre gens qui savent encore reconnaître un riff avant qu’un algorithme ne leur dicte quoi écouter, les conversations finissent forcément par tourner rond.

Leur nouvel album, Achilles, tourne en boucle chez nous depuis sa sortie auquel le groupe fait la part belle en cette tournée éponyme, dont plusieurs morceaux occupent une place centrale et viennent rappeler que les Norvégiens n’ont rien perdu de leur science du riff et du refrain fédérateur. Alchimie entre compositions solides, refrains mémorables, plaisir manifeste de jouer et proximité avec le public, AUDREY HORNE est un condensé de 50 ans de hard-rock. Ils n’ont rien inventé mais ont tout intégré, tout digéré et tout assimilé pour régurgiter des compositions de première fraicheur. AUDREY HORNE devrait être porté au pinacle des bands qui ont toujours été au mauvais endroit au mauvais moment. Comment expliquer autrement le fait que ces Norvégiens évoluent en 4ème division (au mieux…) depuis deux décennies alors que gloire et honneurs leur reviennent de plein droit. Pour qui n’aurait pas percuté, AUDREY HORNE est de ces groupes qui ne se contentent pas d’interpréter leurs morceaux : ils les habitent, et considèrent la scène comme un endroit où l’on vient vivre, plutôt que pour y tirer des selfies.

Dire que cela fait bientôt deux décennies que ces gaillards triment sans récolter la reconnaissance qu’ils méritent ! AUDREY HORNE est l’incarnation même de ces groupes qui se retrouvent constamment au mauvais endroit, au mauvais moment, avec la mauvaise enseigne lumineuse au-dessus de la tête. Comment expliquer autrement le triste constat qu’ils évoluent encore et toujours dans les divisions inférieures, alors que leur talent de compositeurs et de performers aurait dû depuis longtemps les propulser dans la cour des grands ? Le show-business, cette misérable loterie où le talent n’est que condition facultative, où le piston se déguise en destinée et où le succès tient souvent davantage à un concours de circonstances qu’à la qualité de ce que l’on met sur la table. A part peut-être une belle paire.

La gloire ne se distribue pas au mérite. Elle s’offre aux bien placés, aux bien entourés, aux bien marketés. Pendant ce temps, d’autres continuent à suer sang et riffs dans des clubs trop petits, devant des publics trop clairsemés, avec des compositions de haut-vol qui valent pourtant leur pesant de platine. AUDREY HORNE connaît parfaitement cette vieille injustice. Et nous, spectateurs consentants de ce scandale à guitares, nous continuons de nous demander à quel moment le monde va enfin se réveiller.

Nous les avions découverts presque par accident, en première partie de DANKO JONES à la Rockhal, en mars 2017. Et déjà avions-nous pris une sacrée claque à l’époque, écrivions-nous : « (..) Mais la surprise du chef s’appelle ce soir AUDREY HORNE qui officiait en première partie, 3/4 heure durant. Il n’y a pas loin de penser que cette surprise du chef soit fin décembre 2017 notre surprise de l’année. Un peu tôt sans doute pour l’annoncer alors que nous sommes encore en hiver, mais c’est dire… ! AUDREY HORNE, c’est un sacré coup de fraicheur assorti d’une dose de bonne humeur sans pareille: quand on réussit ce tout de force sans par ailleurs réinventer la roue, ça témoigne d’un talent qui ne saurait mentir…« . On ne s’était pas trompé, et leur dernière perle Achilles enfonce encore le clou. Neuf ans plus tard, nous pourrions reprendre cette chronique, changer la date et envoyer la facture à tous ceux qui ont laissé passer le train. Car le miracle ne s’est pas évaporé. Il s’est bonifié, affûté, épaissi.

Le Verlichte Geest est un de ces innombrables clubs que recèle discrètement la Flandre. Là où l’Orval et la Duvel coulent à flot pour 4,00 ou 4,50 € quand la Cornet s’affiche à 3,5 €. Une certaine conception flamande du bien savoir-vivre, à l’étroit et dans l’intimité. Ce soir, une centaine de personnes suffit à faire monter l’applaudimètre jusqu’à des sommets qui feraient pâlir certaines arénas. L’enthousiasme ne connaît pas les jauges de sécurité: le public n’est pas là par hasard – il sait pourquoi il est venu. Il connaît tous les morceaux et reconnaît la valeur de ce qu’il a devant lui. Ce soir, la taille du club n’a aucune importance quand ce qui compte est cette évidence qui vous saute à la gorge : AUDREY HORNE mérite bien davantage que cette poignée de fidèles.

Alors que les Norvégiens roulent en queue de peloton, ils méritent le maillot jaune. Ils ont les jambes, le moteur, l’endurance et la classe. Il leur manque seulement cette bonne étoile qui transforme un excellent groupe en phénomène incontournable. Mais les étoiles finissent parfois par s’aligner. Et si Achilles ne suffit pas à faire basculer le destin de ces Norvégiens, il faudra sérieusement envisager de changer de planète…

Now online : Nick CAVE @ Bonn – 25 aout 2026

I am alone now, I am beyond recriminations
Curtains are shut, the furniture is gone
I’m transforming, I’m vibrating, I’m glowing
I’m flying, look at me now
I’m flying, look at me now

Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities : From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…