Un ch’tit coup d’oeil dans notre rétroviseur ? C’est par ici :
Et comme toujours en français in ze texte: last & latest footages, shootings & reviews in our specific GALERY « From backstage to frontstage ». NO Photoshop. NO Ligthroom. NO RAW format. NO numeric nor digital overdub. NO artificial intelligence (ONLY human one !) and pure one-shot JPEG !
The most underrated band on earth. Et on pèse nos mots. AUDREY HORNE mérite un million de fois plus d’attention que ce que l’industrie musicale, les médias et le grand public consentent à lui accorder. Un million. Pas une virgule de moins. À ce stade, ce n’est plus de la sous-estimation, c’est une faute collective, un péché capital par omission, une hérésie culturelle majeure. Une erreur de l’Histoire. Un faux-pas civilisationnel.
Déjà online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities:From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…
SOLSTAFIR aurait pu être comme à son habitude: excellentissime et hors-norme, fidèle à lui-même dans la continuité d’une perfection absolue. Mais les Icelandais n’ont été que magistraux et excellents, délivrant un set puissant, parfait et sans faute en clôture de cette première journée du Desertfest Belgium. Sans plus. Ce qui pour beaucoup pourrait déjà être un plafond de verre. Pas pour SOLSTAFIR.
Now online et toujours dans notre GALERY de portraits Intensities in 10s Cities:From Backstage to Frontstage, All The World Is A Stage. Et, as usual, pas de chipotage ni de bidouillage avec les photos comme vous en voyez partout ailleurs. Non: ici, c’est NO f*cking Photoshop. NO damn Ligthroom. NO bullshit RAW format. NO holy crap numeric nor digital overdub. NO a.i. feature (artificial intelligence sucks) : ONLY pure one-shot JPEG. Parce que shooter live, c’est comme le real rock’n’roll: c’est spontané, c’est brut de décoffrage et surtout ça doit le rester…
L’Islande. Lyrique quand elle déploie ses grands espaces. Féroce quand les guitares décident de labourer le terrain. Suffisamment déjantée pour rendre justice à un groupe qui transforme la mélancolie en déflagration: SÓLSTAFIR. Des racines black-métal, des envolées post-rock, une intensité émotionnelle croissante et une p*tain de langueur magnifique qui te tord les boyaux. Magnifique. Mirifique. Magnétique. Au DesertFest Belgium qui se tient pour la première fois en région liégeoise – de quoi dorénavant situer Seraing sur la carte entre Berlin, Paris, London et New-York – il y a des groupes qui jouent du métal, du stooner, du doom et du desert. Des bands qui font du bruit. Et puis il y a SÓLSTAFIR.
Nos quatre Islandais préférés semblent avoir été élevés par des volcans en éruption, nourris aux tempêtes arctiques et abandonnés à la naissance dans un fjord en pleine crise existentielle. Chez eux, la dépression a des panoramas grandioses, la mélancolie se promène en bottes de cuir et les guitares ont manifestement quelque chose de personnel à régler avec l’humanité. Oublions les cartes postales islandaises, les petits oiseaux qui chantent et les brochures touristiques vantant les mérites du grand air. SÓLSTAFIR, c’est l’Islande après l’apocalypse, quand les survivants ont rangé les armes, vidé la dernière bouteille et décidé de transformer leur désespoir en musique.
Leur cocktail hautement inflammable voit le post-métal flirter avec le black-métal et le rock psychédélique s’envoyer en l’air avec le post-rock. Pour enfanter quoi en définitive ? Des mélodies hypnotiques qui s’étirent jusqu’à donner le vertige. Une musique qui prend son temps, construit ses cathédrales sonores brique après brique, avant de faire sauter les vitraux à grands coups de riffs. Derrière leurs longues processions mélancoliques, au-delà des leurs nappes atmosphériques, se cache une bête autrement plus sauvage. SÓLSTAFIR sait faire monter la pression, laisser les émotions mijoter dans leur jus et transformer une lente et longue progression apparemment paisible en une véritable déferlante électrique.
Notre premier SÓLSTAFIR remonte déjà à l’édition 2014 du Sweden Rock Festival. Depuis, nous n’avons jamais réussi à nous départir de cette musique qui nous prend par les épaules, nous regarde droit dans les yeux et nous demande si on est vraiment certain que tout va bien dans notre petite existence. Au centre de cette étrange cérémonie, Aðalbjörn Tryggvason incarne à merveille cette spiritualité musicale et métaphysique: son chant porte cette rugosité, cette fragilité et cette intensité qui particularise tant la musique de SÓLSTAFIR. La douleur ne se maquille pas en héroïsme. Elle transpire, grince, se cabre et finit par prendre toute la place dans ton cerveau.
Ce qui rend SÓLSTAFIR si passionnant, c’est précisément cette capacité à brouiller les pistes. Les racines extrêmes n’ont pas disparu, même si le groupe a largement dépassé les frontières du black métal de ses débuts. Les morceaux peuvent s’ouvrir comme de vastes paysages, puis se refermer sur vous comme un ciel islandais qui aurait décidé de vous faire payer personnellement votre présence sur son territoire. Au milieu de la débauche de décibels du Desertfest, SÓLSTAFIR possède une autre forme de puissance : celle qui ne cherche pas nécessairement à assommer immédiatement, mais à s’infiltrer, à installer son climat, à te faire perdre progressivement tes repères. On ne ressort pas forcément indemne de ce genre de voyage. On en ressort avec les oreilles qui sifflent, l’âme un peu cabossée et l’impression d’avoir traversé un paysage où même les montagnes auraient besoin d’un psy.
SÓLSTAFIRn’a jamais eu besoin de choisir entre la beauté et la brutalité. Le groupe préfère les marier dans une union aussi improbable que durable, quelque part entre une aurore boréale et un cataclysme naturel. Et c’est précisément là que réside sa force : dans cette faculté à faire cohabiter la grâce et le chaos sans jamais donner l’impression de devoir choisir son camp. Une échappée qui ne promet ni soleil permanent ni retour garanti à l’état normal. SÓLSTAFIR, c’est beau, c’est lourd, c’est tordu, c’est déchirant. C’est la bande-son idéale pour regarder le monde s’écrouler en se disant qu’au moins, la catastrophe, elle, possède une sacrée bande-son. Et si l’Islande devait un jour être déclarée zone sinistrée pour cause d’excès de mélancolie électrique, on sait déjà qui appeler pour assurer la cérémonie d’adieu.
The most underrated band on earth. Et on pèse nos mots. AUDREY HORNE mérite un million de fois plus d’attention que ce que l’industrie musicale, les médias et le grand public consentent à lui accorder. Un million. Pas une virgule de moins. À ce stade, ce n’est plus de la sous-estimation, c’est une erreur de l’Histoire. Sans les prestations – hors catégorie – de Nick CAVE à Charleville-Mézières puis à Bohn cet été, nous aurions volontiers décerné à AUDREY HORNE, la bande de Bergen, le titre de concert de l’année 2026. Mais peut-être est-ce sans compter SÓLSTAFIR qui débarque demain en première tête d’affiche du Desertfest Belgium, avec la ferme intention de venir foutre le bordel dans notre classement et de peut-être redistribuer les cartes. Le suspense reste entier.
Le constat, lui, ne souffre aucune contestation : AUDREY HORNE joue dans une catégorie qui devrait lui valoir des stades, des salles combles et des cohortes de groupies en chaleur. À la place, on se retrouve au Verlichte Geest Club de Courtrai, une salle dont la capacité annoncée tourne autour de 200 personnes, avec seulement une centaine de privilégiés au compteur. Une centaine. Mais où sont passés les real r’n’rollers ?? Et encore, une bonne partie de l’assistance a traversé des frontières pour venir prendre sa dose. Des étrangers, des connaisseurs, des irréductibles de France, d’Allemagne et d’Angleterre. Même des Canadiens de Toronto ont fait le déplacement pour cette date belge et celle du lendemain à Paris. Ensemble, on a évidemment parlé de RUSH. Question de culture générale. Question de survie, aussi : quand on se retrouve entre gens qui savent encore reconnaître un riff avant qu’un algorithme ne leur dicte quoi écouter, les conversations finissent forcément par tourner rond.
Leur nouvel album, Achilles, tourne en boucle chez nous depuis sa sortie auquel le groupe fait la part belle en cette tournée éponyme, dont plusieurs morceaux occupent une place centrale et viennent rappeler que les Norvégiens n’ont rien perdu de leur science du riff et du refrain fédérateur. Alchimie entre compositions solides, refrains mémorables, plaisir manifeste de jouer et proximité avec le public, AUDREY HORNE est un condensé de 50 ans de hard-rock. Ils n’ont rien inventé mais ont tout intégré, tout digéré et tout assimilé pour régurgiter des compositions de première fraicheur. AUDREY HORNE devrait être porté au pinacle des bands qui ont toujours été au mauvais endroit au mauvais moment. Comment expliquer autrement le fait que ces Norvégiens évoluent en 4ème division (au mieux…) depuis deux décennies alors que gloire et honneurs leur reviennent de plein droit. Pour qui n’aurait pas percuté, AUDREY HORNE est de ces groupes qui ne se contentent pas d’interpréter leurs morceaux : ils les habitent, et considèrent la scène comme un endroit où l’on vient vivre, plutôt que pour y tirer des selfies.
Dire que cela fait bientôt deux décennies que ces gaillards triment sans récolter la reconnaissance qu’ils méritent ! AUDREY HORNE est l’incarnation même de ces groupes qui se retrouvent constamment au mauvais endroit, au mauvais moment, avec la mauvaise enseigne lumineuse au-dessus de la tête. Comment expliquer autrement le triste constat qu’ils évoluent encore et toujours dans les divisions inférieures, alors que leur talent de compositeurs et de performers aurait dû depuis longtemps les propulser dans la cour des grands ? Le show-business, cette misérable loterie où le talent n’est que condition facultative, où le piston se déguise en destinée et où le succès tient souvent davantage à un concours de circonstances qu’à la qualité de ce que l’on met sur la table. A part peut-être une belle paire.
La gloire ne se distribue pas au mérite. Elle s’offre aux bien placés, aux bien entourés, aux bien marketés. Pendant ce temps, d’autres continuent à suer sang et riffs dans des clubs trop petits, devant des publics trop clairsemés, avec des compositions de haut-vol qui valent pourtant leur pesant de platine. AUDREY HORNE connaît parfaitement cette vieille injustice. Et nous, spectateurs consentants de ce scandale à guitares, nous continuons de nous demander à quel moment le monde va enfin se réveiller.
Nous les avions découverts presque par accident, en première partie de DANKO JONES à la Rockhal, en mars 2017. Et déjà avions-nous pris une sacrée claque à l’époque, écrivions-nous : « (..) Mais la surprise du chef s’appelle ce soir AUDREY HORNE qui officiait en première partie, 3/4 heure durant. Il n’y a pas loin de penser que cette surprise du chef soit fin décembre 2017 notre surprise de l’année. Un peu tôt sans doute pour l’annoncer alors que nous sommes encore en hiver, mais c’est dire… ! AUDREY HORNE, c’est un sacré coup de fraicheur assorti d’une dose de bonne humeur sans pareille: quand on réussit ce tout de force sans par ailleurs réinventer la roue, ça témoigne d’un talent qui ne saurait mentir…« . On ne s’était pas trompé, et leur dernière perle Achilles enfonce encore le clou. Neuf ans plus tard, nous pourrions reprendre cette chronique, changer la date et envoyer la facture à tous ceux qui ont laissé passer le train. Car le miracle ne s’est pas évaporé. Il s’est bonifié, affûté, épaissi.
Le Verlichte Geest est un de ces innombrables clubs que recèle discrètement la Flandre. Là où l’Orval et la Duvel coulent à flot pour 4,00 ou 4,50 € quand la Cornet s’affiche à 3,5 €. Une certaine conception flamande du bien savoir-vivre, à l’étroit et dans l’intimité. Ce soir, une centaine de personnes suffit à faire monter l’applaudimètre jusqu’à des sommets qui feraient pâlir certaines arénas. L’enthousiasme ne connaît pas les jauges de sécurité: le public n’est pas là par hasard – il sait pourquoi il est venu. Il connaît tous les morceaux et reconnaît la valeur de ce qu’il a devant lui. Ce soir, la taille du club n’a aucune importance quand ce qui compte est cette évidence qui vous saute à la gorge : AUDREY HORNE mérite bien davantage que cette poignée de fidèles.
Alors que les Norvégiens roulent en queue de peloton, ils méritent le maillot jaune. Ils ont les jambes, le moteur, l’endurance et la classe. Il leur manque seulement cette bonne étoile qui transforme un excellent groupe en phénomène incontournable. Mais les étoiles finissent parfois par s’aligner. Et si Achilles ne suffit pas à faire basculer le destin de ces Norvégiens, il faudra sérieusement envisager de changer de planète…
Maintenant en ligne, et avec beaucoup, beaucoup de retard, notre festival préféré qui souffle ses 50 bougies en 2026 – Your R’n’R Highlight Of The Year more then ever ! Il y a les festivals mammouths où l’on marche vingt minutes entre deux scènes, où l’on fait la file pour pisser, la file pour boire, la file pour manger et, si l’on a encore un peu de courage, la file pour apercevoir de très loin un écran géant diffusant vaguement ce qui se passe sur scène. Et puis il y a le SJOCK, la cambrousse, la sueur et la grande famille du real rock’n’roll. Le Sjock, un vieux diable installé sur les terres poussiéreuses au milieu de la campagne flamande. Un festival de cul-terreux qui vient de souffler ses cinquante bougies sans enfiler de costume trois pièces, sans vendre son âme à une marque de boisson énergétique et sans se transformer en gigantesque centre commercial avec guitare décorative. Ce coin ordinairement paisible de la Campine a de nouveau été envahi par une tribu hétéroclite de rockeurs burinés, de jeunes convertis, de familles tatouées, de chemises western, de perfectos élimés, de gamins coiffés d’un casque antibruit et de vétérans capables de raconter les éditions passées avec la précision d’un ancien combattant. Le tout sous un soleil de plomb, dans la poussière, et avec cette sensation délicieuse d’avoir échoué dans un western où le saloon aurait été remplacé par un alignement de bars. Car au Sjock Festival, on ne traverse pas trois provinces pour passer d’une scène à l’autre. Elles sont presque voisines, comme les maisons d’un petit hameau où chacun saurait exactement chez qui aller lorsque la fête commence. Quelques pas se suffisent pour quitter un concert, choper quelque chose à boire et se retrouver devant une autre scène sans avoir besoin d’une carte topographique, d’une gourde de rando ou d’une appli te pointant l’itinéraire le moins pénible. Pas de longues marches absurdes, pas de troupeaux hagards transportés d’un bout à l’autre d’un site – le festival est compact et à taille humaine. Quelle aventure, quelles aventures encore mes amis, depuis la bouillie sonore de COSMIC PSYCHOS qu’il faudrait inventer s’ils n’existaient pas jusqu’à la maturité toute british de COCK SPARRER en passant par l’élégance et la classe d’un Jon SPENCER et la fougue de The DWARVES…
On vient avec un programme et on finit par suivre les hurlements d’une guitare ou la promesse d’une pils bien fraîche. Même complet, le site conserve une ambiance respirable, sans entassement ni de files aux comptoirs. On peut bouger, boire et profiter des concerts sans passer la moitié de sa journée à contempler la nuque du mec devant soi. Et le bar, justement, n’est pas une épreuve initiatique. Au Sjock, on ne doit pas choisir entre manquer la moitié d’un concert et mourir déshydraté. Les bénévoles font tourner la boutique avec cette efficacité tranquille des gens de la campagne qui savent ce qu’ils font et qui n’ont pas besoin de consultants pour te servir une chope. Pas de système incompréhensible, pas de demi-heure perdue à regarder un écran clignoter. On commande, on paie, on picole et on retourne faire du bruit. Miracle supplémentaire, les prix restent démocratiques et on ne ressort pas avec l’impression d’avoir financé la prochaine édition à soi tout seul dans un paysage festivalier où boire et manger peut parfois ressembler à une prise d’otage bancaire. Ici, la fête n’est pas réservée à ceux qui ont vendu un rein avant d’entrer. Cette simplicité n’a rien d’un hasard. Le Sjock a démarré il y a plus de 50 ans par une fête de village, qui a grandi sans perdre ses mauvaises habitudes ni son accent local ni son goût des guitares qui râpent. Le décor reste rural. De l’herbe, de la terre, du sable (on est en Campine) de la poussière – la chaleur a transformé le terrain en plaine désséchée – des arbres, trois scène, un chapiteau et la campagne autour. On cherche l’ombre sous les arbres et les toiles, on s’hydrate, puis on replonge dans la mêlée. Même si Joan JETT se la joue big star en oubliant qu’elle n’est pas sur la main stage d’un méga-festival mais ici en famille, tandis que les filles de L7 ne devinent pas encore que leur bassiste historique et iconique va rendre l’âme dans quelques jours, ce à quoi ne sont pas prêts nos Kentucky Men préférés: NINE POUND HAMMER.
Ici, le cuir n’empêche pas la tendresse. Les anciens transmettent les codes aux nouveaux, les parents montrent le chemin aux enfants et les enfants rappellent aux adultes qu’on peut encore danser avec un sérieux absolument ridicule. Ce brassage fait du Sjock une immense réunion de famille, mais une réunion où personne ne demande des nouvelles de ton job et où l’on ne t’oblige pas à embrasser un vieux cousin éloigné. La présence des enfants n’a d’ailleurs rien d’anecdotique: l’entrée est gratuite jusqu’à 14 ans lorsqu’ils sont accompagnés d’un adulte pour transmettre aux plus jeunes le goût du rock’n’roll. Quelques mètres plus loin, des vétérans arborent des tee-shirts dont le tissu est plus ancien que certains musicos. Entre les deux, plusieurs générations se côtoient sans discours forcé sur la transmission. Les bénévoles sont le ciment de ce capharnaüm parfaitement organisé et ne donnent pas l’impression d’avoir été parachutés la veille dans un événement qui les dépasse. Ils connaissent le festival, son rythme et son public. Certains reviennent précisément pour cette atmosphère unique et cette dimension restée volontairement modeste. Leur efficacité souriante empêche la fête de se transformer en usine et rappelle que, derrière chaque comptoir, chaque entrée et chaque scène, il y a des gens qui tiennent sincèrement à cette foutue fête de village. Op sjock gaan, op sjock gaan… (traduction: partir en ribote: tout est dit). Et à propos de ribote, une de nos claques et révélations de cette 50ème édition est inclassable et s’appelle OSEES. The DATSUNS font le boulot tandis que le SJOCK’s RENDEZ-VOUS BAND a tout bonnement l’étoffe et la carrure d’un all-star-band qui ne réunit que du bon, depuis SHA-LA-LEES jusque PETER PAN SPEEDROCK…
Voilà sans doute le grand paradoxe du Sjock Festival. Musicalement, il aime ce qui gratte, ce qui cogne, ce qui accélère et ce qui refuse de se tenir correctement à table. Humainement, il demeure l’une des concentrations de ravagés les plus accueillantes qui soient. On peut y arriver habillé comme un outlaw, danser comme un possédé, avaler de la poussière pendant trois jours et repartir avec le sentiment d’avoir passé le week-end dans une kermesse. Le Sjock, c’est une kermesse électrique, un barbecue de famille branché sur un mur d’amplis, une cousinade internationale où le port de bottes, de bananes, de crêtes et de tatouages douteux est de circonstances. Un refuge pour tous ceux qui aiment la musique, pas les parcs d’attractions commerciaux qui se font passer pour des festivals. Et ici, avec THE BRONX, c’est encore de l’amerloche qui fout le feu aux planches du Sjock #50 quand ce n’est pas SONS qui nous rappelle quand même que la Flandre joue ici à domicile et qu’il ne faudrait pas la lui faire à l’envers.
Après cinquante éditions, le vieux bougre tient toujours debout. Plus poussiéreux que jamais, bruyant comme une grange remplie de vieux moteurs et fidèle à lui-même. On vient au Sjock pour les guitares mais on y reste parce que le bar est proche et que les prix ne vous donnent pas la gerbe. Et l’on y revient parce qu’au bout de deux ou trois jours parmi la poussière, les gobelets, les enfants, les vieux rockeurs et les bénévoles tout sourire, on finit par comprendre une chose : cette bande de sauvages est une famille. Une famille un peu sourde et fêlée certes, et même limite punk, mais une sacrément belle famille. Punk’s not dead ? Punk’s not dead! Manifestement pas au SJOCK #50 qui demeure l’un de leurs terrains de jeu préférés. Ce ne sont pas The KIDS – qui jouent également à domicile – qui vont nous contredire, pas plus d’ailleurs que The TOY DOLLS plus déjantés que jamais…
Le SJOCK #50 a vécu, et bien vécu. C’est ce que nous vous narrons en texte et en images, entre front & backstage, entre bières et poussière, entre canicule et mosh-pits. Sans conteste notre annuel highlight of the year !
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Au Sjock, le rock ne se déguste pas avec une petite serviette blanche sur les genoux. Il se bouffe avec les doigts, les dents et, si possible, agrémenté d’une bonne dose rots et de pets. The DATSUNS, Jon SPENCER et Joan JETT sont venus rappeler à ce titre, chacun dans leur registre, que la vieille école et la relève savent, chacun à leur manière, dépoter grave et envoyer du brutal.
Les Néo-Zélandois de The DATSUNS, c’est d’abord une affaire de riffs qui arrivent avec les bottes pleines de boue de là-bas down under. Ils attaquent directos et ne perdent pas de temps à expliquer la recette: guitares gonflées à l’essence, batterie qui cogne comme une porte de hangar et Dolf de Borst en chef de chantier – mais pas style YMCA. Quand arrive MF From Hell, le frontstage prend feu et une tentative de sitdown complètement foireuse tente même de remettre un peu d’ordre dans la chienlit. Mauvaise idée: le Sjock n’a jamais été conçu pour rester assis.
Dans le marquee avec Jon SPECER, on change de rayon et de produit. Plus question de simples riffs: SPENCER sort la disqueuse, branche le moteur et commence à creuser. Avec basse et batterie pour seules pièces de rechange, il transforme le blues en matière première. Ça rampe, ça grince, ça répète, ça monte en pression. Une prestation hypnotique autour d’un garage/blues-rock volontairement noisy qui ne cherche pas à séduire mais simplement à curer les oreilles sales et à tourner le cerveau légèrement de travers. Mister-la-classe demeure fidèle à son image de gentleman driver – pardon: de gentleman-rocker – qui n’a plus rien à prouver et qui le sait parfaitement. De quoi ne pas vouloir en rajouter mais simplement assurer une réputation qui n’est pas usurpée. Pas de frime, pas de gimmick: just do it. – May I shoot a picture, Sir ? – Yes, for what it is ? – For Intensities in 10s Cities – Hummm, nice stuff ! Let’s go out at the sun set…
La tête d’affiche de ce Sjock #50, c’est elle. Joan JETT. On lui emboite le pas depuis sa loge jusqu’à la mainstage, entourée de ses chiens et chiennes de garde. Du haut (pas bien haut) de ses 67 berges, elle marche voûtée comme une petite vieille qui s’est chopé un méchant lumbago: si le pas est rapide, l’allure n’est plus svelte. Ostéoporose peut-être ? Quelques pénibles échauffements et étirements backstage à l’abri des regards donnent du crédit à notre diagnostic, merci Dr Maboul. Si Joan JETT joue sa diva avec ses exigences et caprices de stars aux antipodes du caractère rural, down-to-earth, bon enfant et familial du Sjock, nous on préfère en rire même si ça fout la pression sur le staff backstage, particulièrement sur le catering. Pas de photographe. Nulle part: ni frontstage, ni backstage. Et celui qu’on prendra à dégainer son appareil depuis le public sera expulsé manu militari. Oui, Joan, chef oui chef. Allez hop, quelques clichés à la sauvette quand même. On est au Sjock, ici, ma vieille. Chez nous. Ou presque. On joue à domicile.
Ceci dit, pas besoin de maquiller la marchandise: la vieille dame de guerre déroule quand même l’artillerie avec ses Blackhearts. La première partie du concert peut sembler plus retenue, mais lorsque les classiques s’empilent en fin de set, la machine retrouve son dentier – pardon: ses dents. Pas de cirque inutile, mais pas de quoi fouetter non plus un chat: du rock frontal, identifiable en trois secondes, avec cette voix rauque qui ressort les vieux flingues qui n’ont manifestement jamais demandé l’autorisation de vieillir. Joan JETT est venue, elle a vu, mais de-là à dire qu’elle a vaincu…
The Flamish Connection (bis): deux bands van Vlanderen, deux philosophies, deux concepts. SONS, c’est quatre Flamands qui prennent le garage-punk, le gonflent à l’adrénaline et le balancent dans la tronche du public. Le SJOCK’s RENDEZ-VOUS BAND représente, lui, la mémoire qui refuse de crever : cinq furieux qui vont chercher dans les caves du rock les morceaux qui auraient mérité de résonner à Gierle-Lille sur la scène du Sjock ces dernières décennies et les ramènent à la surface avec les mains suintantes. Les uns courent avec un bidon d’essence. Les autres arrivent avec les allumettes. Et au milieu, le Sjock #50 regarde avec délice du haut de son demi-siècle brûler sa cinquantième bougie. Cinquante ans et toujours pas calmé, le Sjock.
Avec le SJOCK’s RENDEZ-VOUS BAND, le Sjock prépare un cadeau d’anniversaire de plus. Parce que pour les cinquante ans du festival, il fallait forcément quelque chose de plus vicieux qu’une cover band de reprises. Il fallait une bande de types suffisamment allumés pour monter sur scène et foutre le feu au catalogue des absents. SJOCK’s RENDEZ-VOUS BAND : les copains d’abord, le reste après. Sur le papier, ça sentait pourtant le piège mainstream à festivaliers-touriste d’un jour: une formation montée spécialement pour les cinquante ans du festival, composée de musiciens issus notamment de Shala Lees, Sore Losers, Fifty Foot Combo, Peter Pan Speedrock et TankZilla. Une sorte de dream team belge convoquée pour célébrer un demi-siècle de riffs et de bières. Et le piège se referme. Enorme.
Cédric Maes, Kevin Maenen, Alessio Di Turi, Steven Gillis et Peter Van Elderen ne donnent pas l’impression d’être venus jouer les vieux souvenirs de papa. Ils donnent plutôt l’impression d’avoir trouvé une vieille caisse remplie d’explosifs et d’avoir décidé de voir ce qui se passerait en y mettant le feu. Le concept est aussi simple que jouissif : jouer des morceaux de groupes qui auraient dû fouler les planches du Sjock mais qui ne l’ont jamais fait. Puis, de suite, les choses commencent sérieusement à sentir le pneu brûlé. Motörhead (oui, ils OSENT débuter leur set avec Overkill !!). Misfits. CCR. Kyuss, MC5 (… quoique la bande à Wayne Kramer était bien ici-même avec nous en 2018 sous l’appellation MC50, pour précisément les 50 ans de la pierre baptismale des 5 de la Motor City).
Parce que le Sjock n’a manifestement jamais entendu parler de la notion de suffisamment, un invité surprise débarque. Comme si le gâteau d’anniversaire avait besoin d’une bouteille d’essence supplémentaire, les Néo-Zélandais de The DATSUNS viennent rajouter leur propre couche de décibels. C’est exactement ce que devait être cette formation éphémère : pas une attraction nostalgique, mais une putain de célébration du rock’n’roll. Et c’est probablement là que le concept du SJOCK’s RENDEZ-VOUS BAND prend tout son sens. Parce qu’un festival qui fête cinquante ans sans se prendre au sérieux est déjà un festival respectable. Un festival qui fête cinquante ans en montant sur scène pour jouer du Motörhead, du Misfits, du MC5 et du Kyuss, c’est autre chose. C’est une déclaration de guerre.
SONS. Les quatre lascars de Melsele débarquent avec leur garage-punk qui a oublié de prendre ses tranquillisants: tempo à l’os, batteries qui cognent comme des marteaux-piqueurs et riffs qui vous arrivent dans les côtes. Au Sjock, évidemment, ça ne pouvait que tourner au carnage. Robin Borghgraef n’est pas simplement derrière son micro : il est partout. Il harangue, saute, provoque, entraîne. Et pendant que le bonhomme fout le feu aux poudres, ses trois complices alimentent la chaudière. Pas de graisse intellectuelle, pas de séquence destinée à faire joli sur Instagram : SONS balance ses morceaux et le public comprend immédiatement le mode d’emploi: quatre Flamands, quelques amplis, une batterie qui cogne et une foule à qui personne n’a expliqué qu’il fallait rester calme. Happy Birthday, le Sjock #50.
The Belgian Connection (ou plutôt la Flamish Connection) ne meurt jamais avec ces deux vieux flingues de la scène belge venus rappeler aux générations Spotify que le punk n’a jamais eu besoin de demander la permission pour foutre le bordel. Le point commun entre The KIDS et The PARANOIACS ? Ils ne cherchent pas à prouver qu’ils sont encore jeunes. Ils démontrent quelque chose de beaucoup plus emmerdant pour tous ceux qui avaient déjà rangé le punk au rayon des antiquités : ils n’ont jamais cessé d’être dangereux. The KIDS ont sorti les vieux couteaux et les ont trouvés encore bien aiguisés. The PARANOIACS ont rouvert une boîte qu’on croyait enterrée depuis quinze ans et ont découvert que les bestioles à l’intérieur avaient toujours faim. Deux groupes belges. Deux générations de guitares. Deux manières de foutre le bordel.
The KIDS, 50 ans au compteur tout comme le Sjock et toujours cette manière de balancer les morceaux comme des coups de latte. À l’AB début de l’année, il parait qu’ils avaient déjà démontré qu’ils pouvaient encore transformer une salle en champ de bataille. Même recette au Sjock: pas de fioritures, pas de chirurgie esthétique, pas de tentative désespérée pour faire croire qu’on a encore vingt ans, parce que The KIDS jouent encore comme des types qui ont quelque chose à régler. Ils n’ont évidemment plus l’âge de courir partout comme des dératés, mais on s’en branle : le venin est toujours dans la voix et les guitares continuent de découper le gras. Et on redécouvre qu’un morceau écrit il y a près d’un demi-siècle peut encore coller des mandales. There Will Be No Next Time: le quatuor n’est pas en train de rejouer son passé, il est en train de lui coller une nouvelle couche de cambouis. Avec Blitzkrieg Bop, feu The Ramones peuvent rester tranquilles : leurs copains d’Anvers savent toujours comment transformer trois accords et un refrain en une émeute.
Et puis, parce que le Sjock aime manifestement titiller la queue des vieux démons jusqu’à ce qu’ils recommencent à cracher le feu, The PARANOIACS débarquent. 15 ans après avoir plié bagages, ils ressortent les câbles, les amplis et les vieilles marottes. Quelques concerts-tests ont parait-il récemment permis de constater que les Anversois n’avaient manifestement aucune intention de revenir sur scène en pantoufles. Au Sjock, ils ont tenu parole. Et même davantage. Ici, pas besoin de les présenter, tout le monde les connait. Si les morceaux ont vieilli – on ne les connait pas quant à nous – les musiciens aussi mais certaines chansons possèdent cette saloperie de qualité qui leur permet de traverser les décennies sans perdre leur pouvoir de nuisance. Les Flamands les qualifiaient de Vlaamse Ramones nous apprend-on au coin du bar backstage: chansons courtes, mélodies immédiates, guitares sales, efficacité maximale et cette capacité à transformer un refrain en hymne. Y a pas photo ni prompteur: le punk belge (… flamand) n’est pas mort, il a juste pris de l’âge. Comme le Sjock #50. Op sjock gaan plus que jamais !
Les vieux chiens mordent encore. 22h05, Rockers England arboré sur le dos du t-shirt avant de partir à l’assaut de la mainstage du Sjock, celle-ci n’a plus grand-chose d’un terrain de jeu pour jeunes premiers. Elle appartient aux vieux briscards. Ceux qui étaient déjà là quand le punk anglais apprenait à marcher et qui, près de cinquante-cinq ans plus tard, viennent encore expliquer aux gamins comment on fait trembler une plaine. COCK SPARRER entre en scène. Et soudain, tout le monde prend dix kilos de moins et trente ans de plus.
Pas question ici de jouer au musée du punk britannique, avec les reliques sous cloche et les souvenirs soigneusement époussetés. Les Londoniens branchent les amplis et attaquent directement là où ça fait mal. Pas de fioritures, pas de cirque, pas de poudre aux yeux : des guitares, une rythmique qui cogne et des refrains conçus pour être gueulés jusqu’à plus soif. Le public, lui, n’attendait manifestement que ça. Dès les premiers accords, on sait que COCK SPARRER n’a pas pris une ride. Ou plutôt si : ils ont pris des rides, comme tout le monde. Mais contrairement à beaucoup, ils ont surtout pris du muscle.
Ca chante, ça se bouscule, ça se pousse au cul. Les moshpits se multiplient. À chaque refrain, le public semble décidé à prouver qu’il connaît les paroles mieux que Colin McFaull lui-même. Et lui, pas besoin de cabotiner. Pas besoin de gesticuler comme un chanteur de hard FM. Le bonhomme avance avec cette présence tranquille des types qui n’ont plus absolument rien à démontrer. Sa voix, reconnaissable entre mille, reste le fil barbelé qui traverse tout le bordel.
A ses côtés, la fine équipe déroule son affaire avec la précision d’une vieille machine de guerre. Une machine qui aurait certes accumulé quelques kilomètres au compteur, mais dont personne n’a encore trouvé le bouton « arrêt ». Le plus savoureux, c’est que le groupe ne se contente pas d’exhumer ses vieilles cartouches et des morceaux plus récents trouvent naturellement leur place dans la mitraille. COCK SPARRER prouve surtout qu’on peut avoir commencé sa carrière à l’époque où les téléphones avaient un fil et continuer à écrire des morceaux qui sentent encore la rue et les arrières-cours de bistrots londoniens. C’est probablement ça, le véritable super-pouvoir de ces types.
Le temps peut bien passer. Les modes peuvent défiler. Les générations de punks peuvent se succéder. Les cheveux peuvent tomber et les genoux commencer à protester. Certains groupes restent capables de déclencher instantanément ce vieux réflexe primaire : lever le poing et hurler avec son voisin, mettre le feu sans avoir besoin de réinventer la poudre. Ils s’en tamponnent probablement les amygdales d’être à la page, leur truc c’est l’efficacité. Trois accords, quelques riffs, des refrains que même un type complètement bourré peut hurler correctement. Visiblement, les gars de COCK SPARRER n’ont toujours pas compris qu’ils étaient censés prendre leur retraite: les Londoniens n’ont pas donné une leçon de nostalgie, ils ont donné une leçon de longévité. Nuance essentielle. Les vieux chiens ont plantés leurs crocs directement dans la mainstage.
Avec The TOY DOLLS, le punk est en mode cartoon : le trio déboule sur la mainstage avec leurs costumes tirés à quatre épingles et leur tronches de vieux garnement qui te font bien sentir qu’ils entendent te servir leur punk avec une poignée de confettis dans la gueule. Parce qu’avec Olga et ses complices, le punk n’a jamais vraiment eu besoin d’être menaçant. Il suffit qu’il soit rapide, débile, mélodique et suffisamment vicieux pour vous coller un refrain dans le crâne avant même que vous ayez eu le temps de protester.
Les guitares cavalent à fond de train, les rythmes mitraillent et les trois lascars sautillent sur scène avec l’énergie de gamins qui auraient remplacé le goûter par trois litres de bière. Pire que des kangourous. Pire. Les morceaux s’enchaînent à toute berzingue : du punk tout ce qu’il y a de plus britannique mais sous amphétamines, du ska passé dans une centrifugeuse et surtout cette incroyable capacité à transformer chaque chanson en gag musical.
Et puis arrive The Lambrusko Kid: une gigantesque bouteille de champagne gonflable fait son apparition. Elle est dégoupillée et le résultat ressemble moins à un concert qu’à une fête de fin d’année organisée par des hooligans imbibés: confettis partout, public hilare, The TOY DOLLS en roue libre, quoi.
Mais le véritable missile balistique reste évidemment Nellie the Elephant. Le morceau que tout le monde attend. Celui qui transforme instantanément la foule en chorale punk sous caféine. Et lorsque l’éléphant déboule, la prairie se réveille d’un coup. Il y a ceux qui reprocheront aux TOY DOLLS de ne plus avoir la fraîcheur de leurs débuts. Ceux qui chercheront le morceau capable de rivaliser avec leurs grands classiques et resteront sur leur faim. Et puis il y a ceux qui comprennent que The TOY DOLLS ne sont pas venus réinventer le punk. Ils sont venus le faire sourire.
Depuis près d’un demi-siècle, Olga et sa bande perfectionnent la même recette : des guitares qui filent à 200 à l’heure, des refrains idiots mais imparables, des costumes improbables, de l’autodérision et cette bonne vieille philosophie selon laquelle un concert peut parfaitement être une gigantesque connerie — pour autant qu’elle soit jouée à fond. Une opération de sabotage du sérieux. Et quand Nellie the Elephant finit de piétiner la mainstage, le constat est simple : certains groupes vieillissent. The TOY DOLLS, eux, ont simplement appris à devenir de meilleurs emmerdeurs.